Cette quatrième journée a été consacrée à la découverte de l´archipel de Chiloë.
Nous somme partis en car sur la Panaméricaine que nous avons quittée après 60 km de route. Là, nous avons découvert des paysages très différents au fur et à mesure que nous nous éloignions de la Cordillère andine et que nous nous approchions de la Cordillère de la côte pacifique.
A cet endroit (qui est l´un des trois lieux qui coupent la route Panaméricaine entre l´Alaska et Punta Arenas dans le sud argentin (les deux autres étant situés sur le canal de Panama et au nord de la Colombie) toute la forêt native a été détruite et reboisée par des essences d´arbres qui poussent très vite : eucalyptus d´Australie et pins.

Dès que nous quittions les routes secondaires, nous empruntions des pistes tracées dans la terre noire. De chaque côté de le route, le paysage se transforme au fur et à mesure que l´on progresse vers le Pacifique : le sous-sol terreux est très peu profond et ne permet pas le développement d´une végétation riche et diversifiée.
Nous avons fait des rencontres étonnantes : des boeufs tirant des charrettes en bois (le choc des civilisations !!) dans cette campagne qui est constituée de collines plus ou moins élevés (paysage très verdoyant, bocage, marais).
Dans cette région qui s´est formée par effondrement ce qui a permis à l´Océan Pacifique de recouvrir les parties basses de la Cordillère de la côte, on trouve le "Canelo", arbre sacré des indiens Mapuches. Cet arbre a la particularité de posséder un côté de la feuille très argenté ce qui permet aux indiens de connaître la direction du vent en observant son feuillage
Pour atteindre l´archipel, nous avons dû emprunter un Bac pour traverser le canal de Chacao large de 3,5 km qui sépare le continent de l´archipel de Chiloë qui s´étend du nord au sud sur 200 km.
Chiloë est l´île principale de l´archipel qui comporte 40 petites îles situées sur la côte est vers la mer intérieure, protégée des vents dominants.
Ici, l´influence des "Jésuites" reste très marquée, on compte pas moins de 80 églises dont 16 sont inscrites au patrimoine de l´Humanité par l´UNESCO.
En 1960, a eu lieu un gigantesque tremblement de terre dans cette région dû au glissement des deux plaques tectoniques : la plaque océanique et la plaque continentale.
En 24 heures, la plaque continentale s´est enfoncée de 2 m (au lieu des 10 cm habituels mesurés chaque année) la plaque océanique !! Le tremblement de terre a été d´une amplitude de 9,5 et s´en est suivi un Tsunami qui a recouvert de nombreuses petites îles.
Le paysage en a été complètement changé. Toutes les villes côtières de l´archipel ont été détruites puis reconstruites.
Sur l´archipel, les villages sont pauvres et subsistent grâce à l´élevage (vaches et moutons) et la culture de la pomme de terre. Dans cette région qui compte 200 jours de pluie par an, les maisons sont toutes en bois d´ "alerce" disposé en écailles peintes de différentes couleurs pour rompre avec cette grisaille dominante. Les maisons sont toutes construites sur des pilotis pour s´isoler de l´humidité.
C´est aussi dans cette région que l´on trouve l´"Araucaria" l´arbre des indiens araucanos souvent célébrés dans les poèmes de Pablo Néruda
La colonisation de l´archipel par les espagnols s´est faite dans cette région sans guerres, ni violences Elle a permis de développer le commerce du bois en direction de l´Europe à partir du port de Valparaiso.Chiloë est le dernier territoire qui a été cédé par les espagnols pour être rattaché au Chili en 1826, indépendance en 1818.
En 1813, les colons espagnols qui avaient débuté leur colonisation par le nord en descendant vers le sud jjusau´à Santiago puis Chiloë ont fait construire une goëlette dans le but de rejoindre le détroit de Magellan. C´est depuis cette époque que le territoire Chilien s´est étendu jusque dans cette partie de l´extrême sud du continent.
Demain, jeudi 12 juillet, nous reprenons l´avion en fin de matinée pour rejoindre Santiago puis Calama situé aux portes du désert de Atacama à 2500 km plus au nord de Chiloë !!!
Changement de climat, changement de paysages et de températures entre le jour et la nuit.
De là, nous allons débuter un périple de 15 jours qui nous amènera dans la Cordillère vers les sommets les plus hauts, le sud-ouest Bolivien et le Lac Titicaca puis la Paz avant de revenir vers Santiago.


