jeudi 2 août 2007

LE LAC TITIKAKA (22-07-2007)

Dimanche 22 juillet

Au lever, nous admirons le lever de soleil sur le lac endormi et les monts qui se parent de leur couleur orangée. Seuls quelques canards viennent perturber la douce irisation de cette mer intérieure.







Ici, tout appelle à l’apaisement et au ressourcement.










Déjà, des barques légères disparaissent à l’horizon, sans doute des pêcheurs de perche ou de truites …














Nous quittons « Puerto Perez » par bateau en naviguant d’abord sur la partie du lac mineur en territoire bolivien pour rejoindre des petites îles.














La présence de ce lac atteste de l’existence ancienne d’une mer intérieure appelée «el lago Bollivian» qui couvrait alors la majeure partie de l’Altiplano.
Ce lac, long de 230 km et large de 97 km peut atteindre par endroits près de 500 m de profondeur !


Nous croisons des bateaux de pêche avec leur grande vole triangulaire colorée.










Durant notre croisière sur le lac mineur, nous passons un étroit isthme nommé «isthme de Suriki » du nom d’une île.





Dans cette partie du lac mineur, les villages se succèdent sur les rivages nord et sud. Les montagnes arides qui bordent le lac s’élèvent à plus de 4000 m et en arrière-plan, nous pouvons admirer les cimes enneigées de la « Cordillère Royale » qui nous sépare ici de la partie tropicale amazonienne du Brésil.
Sur les flancs des monts, nous apercevons des cultures en terrasses qui datent de – 1500 ans avant J.C., antérieures à l’ère précolombienne.








Cette civilisation appelée : « Aymarà » tire ses origines des pays asiatiques : Tibet, Chine, Mongolie.

Nous accostons sur une île entourée de roseaux « Kalaouta » pour y découvrir un sanctuaire « Aymarà ».









Au cours de notre visite, nous observons sur les flancs de la montagne des villageois munis de tambours qui rabattent un loup pourchassé par leur chien.
Le spectacle est insolite et surprenant dans un paysage grandiose relevé par le bruit assourdissant des tambours.











Puis, nous rejoignons ensuite la petite île de « Pariti » pour visiter un musée de la civilisation « Aymarà ».

Nous sommes émerveillés par ce que nous y voyons : des poteries représentant des animaux (singes, condors, …) ou des têtes de visages humains très réalistes qui sont ornés de détails d’une très grande finesse et d’une très grande précision. Les couleurs des poteries sont restées intactes. Chaque pièce est unique et certaines sont entières !

Toutes ces poteries ont été trouvées en 2005 par une équipe d’archéologues finlandais. Elles étaient toutes enfouies dans un même lieu qui servait de cérémonie sur cette île.
Avant de quitter l’île, nous engageons la conversation avec quelques villageois indigènes.

Puis, nous rejoignons l’île de la lune située près du détroit qui nous permettra de rejoindre par bac la ville de « Copacabana » dans la soirée.

Plus nous approchons du détroit, plus la houle se fait ressentir du fait de la pression exercée par le lac majeur qui se déverse dans le lac mineur par cet étroit goulet de 1 km de large.

Nous empruntons alors une route en corniche qui s’élève à 4200 m d’altitude (400 m au dessus du niveau du lac).


Nous bénéficions de points de vue extraordinaires sur les deux parties du lac et les baies des îles ainsi que sur la « Cordillère Royale » toujours omniprésente dans le paysage.
Les paysages nous rappellent ceux des « cinq terres » dans le sud du golfe de Gênes en Italie.
La route longe la frontière Péruvienne, car 60% du lac « Titikaka » appartient au Pérou.


Nous passons un col à 4250 m, le paysage est torturé par la présence de nombreux volcans. Tous les bords du lac sont habités par des « Communards » des villageois qui vivent en communauté avec leurs propres lois et règles.

Tout au long du parcours qui nous mène vers la ville de « Copacabana », des chiens sont assis sur le bord de la route et attendent qu’on les nourrisse.

Nous arrivons à Copacabana, ville fondée par les derniers Incas sur un plateau au bord du lac, côté est.
Nous découvrons une ville très touristique, réputée pour sa plage donnant sur le lac, mais il est risqué de tenter de se baigner car la température de l’eau ne dépasse jamais les 6°, été comme hiver ! C’est par ailleurs la seule plage publique de Bolivie !

La ville de « Copacabana » est aussi réputée pour son sanctuaire. Tous les jours des centaines de boliviens et Péruviens se rendent devant la cathédrale pour y faire bénir leur voiture et leur famille par le prêtre Jésuite. S’en suivent des rituels indigènes. La religion catholique est omniprésente pour 90 % en Bolivie mais dans chaque lieu sacré les deux types de croyance cohabitent depuis que les espagnols ont christianisé la Bolivie.

Nous décidons de gravir le sommet qui surplombe de 400 m la baie pour admirer le coucher de soleil sur le lac.




Le spectacle est grandiose !!!

samedi 28 juillet 2007

VERS LE LAC TITIKAKA (21-07-2007)

samedi 21 juillet 2007


Potosi restant bloquée par les mineurs et les vols pour Sucre étant complets depuis La Paz, nous décidons de renoncer à la visite de ces deux villes et nous poursuivons notre séjour par le nord en direction du lac « Titikaka ».

Contrairement à la veille, ce matin la ville grouille de monde et de véhicules, c’est l’effervescence habituelle.

Après avoir de nouveau visité les marchés et fait quelques achats ...




... nous quittons La Paz pour rejoindre la cité pré Inca « Tiahuanacu ».

Sur notre route, nous visitons un site protégé : « la vallée de la lune », et
un lieu unique en Bolivie où l’érosion de la terre argileuse s’est faite par les eaux d’infiltration en provenance du lac « Titikaka » situé à 70 km plus au nord.



Nous y admirons des « Demoiselles coiffées » comme sur les bords du lac de Serre-Ponçon en France dont ici la partie supérieure est faite d’une roche plus dure : le granit.

Depuis « la vallée de la lune », nous apercevons les montagnes les plus élevées de cette région et nous devinons la station de ski « Chacaltaya » située à 5600 m d’altitude, c’est la station de ski la plus élevée au monde !




Nous apprenons aussi que les études jusqu’à l’Université sont gratuites dans les établissements qui dépendent de l’Etat, et que les diplômes sont reconnus dans toute l’Amérique Latine ce qui n’est pas le cas des diplômes délivrés par les établissements privés.

Sur notre route, nous nous dirigeons vers le musée de la civilisation « Tiahuanacu » situé sur l’un des plus grands sites archéologiques de cette civilisation.



soubassements de murailles et dans le fond, murs du temple
Cette civilisation est antérieure à celle des Incas (- 700 ans à + 1200 ans après J.C.).
Cette civilisation serait venue de la Polynésie et était très avancée pour cette époque en comparaison de nombreuses autres civilisations connues sur d’autres continents.

La cité que nous visitons est reconnue patrimoine de l’Humanité et est donc sous l’autorité de l’Unesco.



Nous visitons le site avec son musée puis les nombreuses fouilles archéologiques qui ont commencé à mettre à jour plusieurs temples. Cette civilisation disposait déjà d’un système de mesure métrique par 7.




Ces hommes et ces femmes savaient travailler les roches volcaniques et connaissaient déjà la technique de fusion des métaux. Ils étaient aussi de grands architectes, ils connaissaient le fil à plomb et le niveau. Ils étaient constructeurs et artistes. Mais on n’a jamais retrouvé les outils qu’ils utilisaient. Ils étaient aussi guerriers.




Les sculptures mises à jour ont beaucoup de ressemblance avec celles de l’île de Pâques.
Ils savaient aussi sculpter des cadrans solaires basés sur la division temporelle par 60 !
Tous les temples du site sont orientés Est/Ouest, les entrées des temples correspondent à l’alignement du soleil avec le portes au solstice et à l’équinoxe d’hiver.




Sur la route du la « Titikaka » on admire depuis un point de vue panoramique la « Cordillère Royale » qui s’étend sur 360 km depuis le lac jusqu’à la ville de La Paz.
Elle sépare l’Altiplano Bolivien de la partie amazonienne de la Bolivie. De part et d’autre, les monts les plus élevés atteignent les 6000 m !





Nous atteignons le lac « Titikaka » au coucher du soleil dans le village de « Puerto Perez » qui borde le lac situé à 3812 m d’altitude ( c’est le lac navigable le plus haut au monde).


Le spectacle est grandiose sur le lac et ses nombreuses petites îles.

LA PAZ (20-07-2007)

Vendredi 20 juillet 2007


Notre première journée à La Paz est perturbée par une gigantesque manifestation qui réunit près de 2.000.000 de personnes venues de toute la Bolivie pour protester contre le projet du gouvernement Moralès de transférer les pouvoirs politique et parlementaire à Sucre où réside déjà le pouvoir judiciaire.




Les bus de la ville sont solidaires du mouvement
et mettent leurs véhicules à la disposition des manifestants.



Tous les véhicules sont réquisitionnés par le peuple
pour monter les millions de manifestants sur les hauteurs de la ville.


Sucre est la captiale officielle de la Bolivie, mais La Paz est la capitale politique et présidentielle.

Toutes les voies d´accès étant bloquées, nous décidons de passer la journée à visiter le centre ville le matin (complètement déserté puisque tous les commerces sont fermés par solidarité) et décidons de monter sur l´Alto l´après-midi où a lieu la manifestation pour un panorama de la ville.





La Cathédrale


Le Palais Présidentiel


Le Palais Législatif

La PLace Murillo


Durant toute la matinée, les rues de La Paz sont animées par les cortèges de manifestants qui rejoignent l´Alto sur les hauteurs de la ville, par taxi, par camion, par bus, à pied, tous les moyens sont utilisés ...


De notre côté, après avoir découvert le centre historique de la ville nous faisons une pause repas sur la place centrale face au palais présidentiel et au palais Législatif, puis nous prenons un taxi pour rejoindre les hauteurs de La Paz et profiter des magnifiques points de vue sur la ville et les cimes enneigées.





Nous décidons de redescendre à pied jusqu´au centre ville à travers les quartiers pauvres des hauteurs de La Paz.




Ces quartiers sont faits d´empilements anarchiques de maisons en briques, les vêtements séchant sur les murs, les rares terrains plats sont utilisés comme terrains de foot-ball.


Près de 500.000 personnes vivent ainsi dans des conditions précaires, d´insalubrité et de pauvreté extrêmes.

mercredi 25 juillet 2007

DE UYUNI A LA PAZ (19-07-2007)

Jeudi 19 juillet 2007

Nous espérions que le blocus aurait été levé dans la nuit, mais il n´en est rien.
Nous décidons de rejoindre la ville de La Paz (située à 550 km plus au nord) et de renoncer à la visite de la ville de Sucre.

Nous longeons des salars puis nous traversons une partie de l´Altiplano dans sa partie la plus agricole.



Au déjeuner, nous dégustons du " Lawa " un plat constitué de lama grillé, d´oignons, de riz et de pommes de terre. Puis nous repartons.



De part et d´autre de la route, nous apercevons de nombreux troupeaux de vaches. Les villageois terminent la récolte du blé et de l´orge.



Nous traversons un village nommé " Huati " où est fabriquée l´une des deux bières du pays.




A chaque changement de région (l´équivalent d´un département chez nous), nous passons des péages dont l´argent sert à l´entretien des routes et des pistes.



La ligne de chemin de fer que nous longeons est très peu empruntée car le train est très cher et il y a peu de trains (1 par semaine).
Le voyage en bus se fait plus rapidement car les trains roulent très lentement !


Nous apprenons que 70 % des boliviens vivent en dessous du seuil de pauvreté évalué pour ce pays par l´OMC à 1 euro par jour et par habitant !!!!

De temps à autre, nous croisons sur le bord de la route des cantonniers habillés de jaune qui parcourent à pied des dizaines de kilomètres pour remettre en état des pistes ou des routes en asphalte.

Plus nous nous approchons de La Paz, plus les sommets de la Cordillère sont élevés (cetains atteignent 6500 m !).
Nous apercevons de nombreux villages abandonnés l´hiver et qui sont habités l´été pour les cultures et l´élevage. Chaque village est équipé d´un four collectif.



Nous atteignons la ville d´" Ururo ", après avoir parcouru 350 km.




Nous quittons notre premier guide bolivien Justoa et embarquons dans un bus pour rejoindre La Paz située encore à 220 km et que nous atteignons en fin de journée à la nuit tombée.



Avant d´arriver à La Paz, nous traversons la pampa, une région très herbeuse et cultivée de l´Altiplano.



Cette région est située entre 3500 m et 4100 m d´altitude. La culture de la pomme de terre et de la quinoa y sont trés développées. Le sous-sol est très argileux et permet la fabrique de briques.


La Bolivie est le troisième pays de l´Amérique Latine exploitant de gaz naturel et de pétrole, c´est donc un pays riche en matières premières et pourtant l´un des plus pauvres de l´Amérique Latine !!!
Ces exploitations étaient jusqu´à présent détenues par des multinationales étrangères, mais depuis l´accession de Moralès au pouvoir (premier Président indigène élu), le gouvernement a décidé de nationaliser les entreprises ce qui provoque de nombreux conflits.
De ce fait, la Bolivie est actuellement l´un des pays démocratiques de l´Amérique Latine le plus instable ! Ce climat est renforcé par la présence d`une Droite et d´une Extrême droite très puissantes (48 % aux dernières élections).


Après 12 heures de route, nous atteignons la ville de La Paz (capitale administrative et politique la plus haute du monde !).




Cette ville de 1.200.000 habitants (la Bolivie n´en compte que 8 millions) est située entre la Cordillère occidentale (côté chilien) et la Cordillère orientale (côté tropical et amazonien).




La température est presque estivale (20°) puisque la ville est construite dans une énorme cuvette.



Notre arrivée se fait par l´ "Alto", les quartiers hauts de la ville situés sur l´Altiplano et occupés par les habitants pauvres.

Le spectacle de la ville est grandiose et la descente vers le coeur de la ville par des rues étroites et sinueuses est époustouflant (1000 m de dénivelé séparent la partie haute de la partie basse !!!).