Au lever, nous admirons le lever de soleil sur le lac endormi et les monts qui se parent de leur couleur orangée. Seuls quelques canards viennent perturber la douce irisation de cette mer intérieure.
Ici, tout appelle à l’apaisement et au ressourcement.
Nous quittons « Puerto Perez » par bateau en naviguant d’abord sur la partie du lac mineur en territoire bolivien pour rejoindre des petites îles.
Ce lac, long de 230 km et large de 97 km peut atteindre par endroits près de 500 m de profondeur !
Nous croisons des bateaux de pêche avec leur grande vole triangulaire colorée.
Durant notre croisière sur le lac mineur, nous passons un étroit isthme nommé «isthme de Suriki » du nom d’une île.
Dans cette partie du lac mineur, les villages se succèdent sur les rivages nord et sud. Les montagnes arides qui bordent le lac s’élèvent à plus de 4000 m et en arrière-plan, nous pouvons admirer les cimes enneigées de la « Cordillère Royale » qui nous sépare ici de la partie tropicale amazonienne du Brésil.
Sur les flancs des monts, nous apercevons des cultures en terrasses qui datent de – 1500 ans avant J.C., antérieures à l’ère précolombienne.
Cette civilisation appelée : « Aymarà » tire ses origines des pays asiatiques : Tibet, Chine, Mongolie.
Nous accostons sur une île entourée de roseaux « Kalaouta » pour y découvrir un sanctuaire « Aymarà ».
Au cours de notre visite, nous observons sur les flancs de la montagne des villageois munis de tambours qui rabattent un loup pourchassé par leur chien.
Le spectacle est insolite et surprenant dans un paysage grandiose relevé par le bruit assourdissant des tambours.
Nous sommes émerveillés par ce que nous y voyons : des poteries représentant des animaux (singes, condors, …) ou des têtes de visages humains très réalistes qui sont ornés de détails d’une très grande finesse et d’une très grande précision. Les couleurs des poteries sont restées intactes. Chaque pièce est unique et certaines sont entières !
Toutes ces poteries ont été trouvées en 2005 par une équipe d’archéologues finlandais. Elles étaient toutes enfouies dans un même lieu qui servait de cérémonie sur cette île.
Avant de quitter l’île, nous engageons la conversation avec quelques villageois indigènes.
Puis, nous rejoignons l’île de la lune située près du détroit qui nous permettra de rejoindre par bac la ville de « Copacabana » dans la soirée.
Plus nous approchons du détroit, plus la houle se fait ressentir du fait de la pression exercée par le lac majeur qui se déverse dans le lac mineur par cet étroit goulet de 1 km de large.
Nous empruntons alors une route en corniche qui s’élève à 4200 m d’altitude (400 m au dessus du niveau du lac).
Nous bénéficions de points de vue extraordinaires sur les deux parties du lac et les baies des îles ainsi que sur la « Cordillère Royale » toujours omniprésente dans le paysage.
Les paysages nous rappellent ceux des « cinq terres » dans le sud du golfe de Gênes en Italie.
La route longe la frontière Péruvienne, car 60% du lac « Titikaka » appartient au Pérou.
Nous passons un col à 4250 m, le paysage est torturé par la présence de nombreux volcans. Tous les bords du lac sont habités par des « Communards » des villageois qui vivent en communauté avec leurs propres lois et règles.
Tout au long du parcours qui nous mène vers la ville de « Copacabana », des chiens sont assis sur le bord de la route et attendent qu’on les nourrisse.
Nous arrivons à Copacabana, ville fondée par les derniers Incas sur un plateau au bord du lac, côté est.
Nous découvrons une ville très touristique, réputée pour sa plage donnant sur le lac, mais il est risqué de tenter de se baigner car la température de l’eau ne dépasse jamais les 6°, été comme hiver ! C’est par ailleurs la seule plage publique de Bolivie !
Nous décidons de gravir le sommet qui surplombe de 400 m la baie pour admirer le coucher de soleil sur le lac.

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