jeudi 2 août 2007

SOCORAMA ET LA VALLEE D´AZAPA SUR LA ROUTE D´ARICA

Jeudi 26 juillet

Avant de quitter Putre, nous nous promenons dans les ruelles pavées. La ville n’est pas encore animée, la place centrale sert de cour de récréation à l’école.









Notre prochaine destination est « Arica » située plus au sud sur la côte Pacifique. Arica et Putre appartenaient au Pérou avant de devenir territoires Boliviens suite à la guerre du Pacifique.





La route que nous empruntons a été construite entre 1957 et 1994. Elle représentait la seule voie d’accès pour les caravanes de mulets puis de lamas pour relier les mines d’argent de Bolivie à la côte Pacifique.


















Nous traversons un paysage chaotique, extrêmement désertique. La route enlacée est aujourd’hui empruntée par des gros camions chargés de containers. Les canyons succèdent aux canyons dans des vallées très encaissées et asséchées.





Nous retrouvons les paysages lunaires que nous avions découverts au début de notre séjour dans le désert d’Atacama situé plus au sud.









Nous mesurons la difficulté pour les rares habitants de cette région de vivre ici : l’altitude (entre 3500 m et 4500 m) ; l’amplitude thermique entre le jour et la nuit (- 35 degrés à + 20 degrés, hiver comme été !) ; la sécheresse (les villageois utilisent les aqueducs construits par les Incas).


Nous quittons la route principale pour faire une halte dans le village de « Socorama » situé à 3200 m.





Nous pouvons admirer toutes les cultures en terrasses bordées de cactus qui produisent la figue de barbarie. Nous en dégustons, fraîchement prélevées avec délicatesse sur les branches des cactus : succulent, sucré et juteux !









Nous nous promenons dans le village fleuri de nombreuses espèces : géraniums, mimosas, « tumbos » dont la fleur est splendide et le fruit a le goût de la pèche





Lors de notre passage, les villageois travaillent à l’entretien des canaux d’irrigation. Dans ce village situé à 40 km de Putre et à 120 km d’Arica, tout invite à la méditation.Loin de toute civilisation moderne, le temps ici s’écoule au rythme des saisons et des journées. Le ressourcement est total assis à l’ombre d’un eucalyptus géant.



De retour sur la route principale en direction d’Arica et de la côte Pacifique, les vallées se font plus larges et les sommets moins élevés.







Nous observons les failles sismiques qui ont fracturé la Cordillère occidentale en de nombreux endroits laissant des corridors béants et très larges.



Nous admirons les vestiges de « Pukara », une forteresse défensive Tiahuanacu à Copaquilla. Cette forteresse servait de poste stratégique pour toutes les migrations de la montagne vers la côte Pacifique.



Les vallées se font de plus en plus larges et la montagne s’ouvre sur un immense plateau désertique recouvert de roches blanches, jaunes, parfois marrons mais à dominante ocre.


Nous pénétrons dans la partie du désert la plus sèche au monde. Le sol est dur et compact car les roches se sont agglomérées. Ici, l’érosion éolienne a peu d’effet sur les paysages que nous voyons tels qu’ils étaient il y a des milliers d’années. Seuls quelques cactus à candélabres survivent dans ce désert.


Les paysages sont époustouflants et les dénivelés sont impressionnants !

Sur les 250 km qui nous séparent de la ville d'Arica sur la côte Pacifique, nous aurons descendu 4500 m de dénivelé depuis le col jusqu’à la frontière Bolivienne située au lac « Changura » ! Les camions sont obligés de réduire considérablement leur vitesse tout au long de la descente qui semble interminable sinon les risques de chavirement sont nombreux.





Depuis un point de vue panoramique sur la vallée de « Judas », nous observons le vol de quelques vautours.




Les vautours volent et planent plus haut que les aigles et, comme les condors, sont des charognards. Ils ont la faculté de repérer leurs proies mortes en décomposition grâce à la lumière bleutée que chaque organisme alors émet. Cette lumière est invisible pour l’œil humain.


Au déjeuner, nous dégustons un plat typique de la région : « pastel de choclo » fait à base de maïs, de viandes, d’oignons, d’œuf et d’olives, le tout grillé au four. En guise de dessert, nous dégustons des « empanadas ».


Puis, nous repartons vers la zone désertique de la vallée d’ « Azapa » où se situent les géoglyphes.


Nous atteignons cette vallée située au sud d’Arica à seulement 400 m d’altitude. Les brumes de chaleur se font de plus en plus épaisses avec la proximité de l’océan situé à 40 km. Nous commençons à apercevoir au détour de certains virages la cordillère côtière.


Enfin, nous découvrons la vallée d’Azapa, enclavée entre deux cordillères : la Cordillère occidentale et la Cordillère côtière. Cette vallée est très riche en cultures grâce à un cours d’eau qui irrigue abondamment cette plaine avant de se jeter dans le Pacifique.





A notre arrivée dans la ville, nous commençons par visiter le musée archéologique,





puis nous allons observer des géoglyphes gigantesques dessinés sur les collines.

A l’origine chaque géoglyphe avait une signification signalétique pour guider les caravanes dans la montagne. Puis, ils sont devenus au fil du temps des œuvres d’art appelées « Chananesco » ; chaque géoglyphe servant au peuples indigènes pour demander quelque chose à la mère terre la « Pachamama ». Ils sont tous orientés vers le nord.

Nous poursuivons notre route au coucher du soleil pour atteindre dans la soirée la ville d’Arica dans la brume épaisse due à l’influence de la chaleur du désert sur la fraîcheur de l’océan.


Nous nous dirigeons directement vers le terminal de poissons sur le port et là … surprise ! nous découvrons des « Loups de mer » énormes qui remontent tous les soirs sur les berges du port pour y passer la nuit entassés les uns près des autres.




Le spectacle est étonnant et surréaliste !





Là, sous nos yeux, à quelques mètres seulement de nous, des mammifères marins de plusieurs centaines de kilos en parfaite liberté, habitués à la présence de l’homme.




Le danger est réel et pourtant nous n’éprouvons aucune crainte car ils font partie du décor quotidien du port.

Nous terminons la soirée par une vue panoramique sur la ville depuis le mont « Morro ».



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