jeudi 2 août 2007

LA ISLA DEL SOL (23-07-2007)

Lundi 23 juillet

C’est la date de la rentrée scolaire en Bolivie.

La matinée est magnifiquement ensoleillée, le ciel est pur et le lac est calme. Nous embarquons dans un petit bateau pour rejoindre « la Isla del Sol », une île située au milieu du lac.


Les premiers habitants l’appelaient « Titi Khar’Ka » ce qui signifie : rocher du diamant.

Sur cette île, vivent en permanence 2500 habitants. Les Aymarà Boliviens et les Quechua Péruviens considèrent chacun de leur côté que cette île est le berceau de leur civilisation.
Aucun véhicule ne circule sur cette île qui rappelle certaines îles grecques.

Tous les déplacements se font à pied et à cette altitude les efforts se font sentir !


L’île se divise en deux parties : nord et sud. Chacune permet de découvrir de petits villages provenant des deux civilisations.

Une fois sur l’île, nous découvrons une forteresse Inca qui servait de poste de gué face à l’ « Isla de la luna » qui a servi de pénitencier pendant les différentes dictatures boliviennes.





Puis, nous prenons une petite embarcation de pêcheur pour atteindre par le côté sud de l’île un escalier Inca parfaitement conservé qui mène à une fontaine qui servait de lieu de bains.









On dit que l’eau douce qui coule ici proviendrait de nappes souterraines qui passeraient sous le lac depuis la ville de Cusco située au Pérou plus au nord.


Après le déjeuner, nous escaladons à pied le sommet de l’île (un dénivelé de 400 m) pour rejoindre le village.
Tout au long du chemin, nous croisons de nombreux villageois qui mènent leurs troupeaux (cochons, lamas, mulets, moutons) à travers les collines dans les pâturages.


Au sommet de l’île, nous découvrons une vue extraordinaire à 360 degrés sur le lac, les îles, la Cordillère Royale, les monts situés au sud du Pérou.

Les mots ne sont pas assez forts pour décrire ce que nous voyons à ce moment là !
Parfois le silence vaut mieux que tous les mots qui ne seraient en pareille circonstance que des banalités.



Nous décidons d’attendre le coucher du soleil sur le lac. Un moment magique aussi intense que les couchers de soleil sur la vallée de la lune dans le désert d’Atacama au Chili ou sur le salar d’ Uyuni en Bolivie.

Nul n’est besoin de faire ici des comparaisons avec d’autres sites visités en Europe Occidentale. Chaque lieu est ici unique et invite à y revenir un jour.

LE LAC TITIKAKA (22-07-2007)

Dimanche 22 juillet

Au lever, nous admirons le lever de soleil sur le lac endormi et les monts qui se parent de leur couleur orangée. Seuls quelques canards viennent perturber la douce irisation de cette mer intérieure.







Ici, tout appelle à l’apaisement et au ressourcement.










Déjà, des barques légères disparaissent à l’horizon, sans doute des pêcheurs de perche ou de truites …














Nous quittons « Puerto Perez » par bateau en naviguant d’abord sur la partie du lac mineur en territoire bolivien pour rejoindre des petites îles.














La présence de ce lac atteste de l’existence ancienne d’une mer intérieure appelée «el lago Bollivian» qui couvrait alors la majeure partie de l’Altiplano.
Ce lac, long de 230 km et large de 97 km peut atteindre par endroits près de 500 m de profondeur !


Nous croisons des bateaux de pêche avec leur grande vole triangulaire colorée.










Durant notre croisière sur le lac mineur, nous passons un étroit isthme nommé «isthme de Suriki » du nom d’une île.





Dans cette partie du lac mineur, les villages se succèdent sur les rivages nord et sud. Les montagnes arides qui bordent le lac s’élèvent à plus de 4000 m et en arrière-plan, nous pouvons admirer les cimes enneigées de la « Cordillère Royale » qui nous sépare ici de la partie tropicale amazonienne du Brésil.
Sur les flancs des monts, nous apercevons des cultures en terrasses qui datent de – 1500 ans avant J.C., antérieures à l’ère précolombienne.








Cette civilisation appelée : « Aymarà » tire ses origines des pays asiatiques : Tibet, Chine, Mongolie.

Nous accostons sur une île entourée de roseaux « Kalaouta » pour y découvrir un sanctuaire « Aymarà ».









Au cours de notre visite, nous observons sur les flancs de la montagne des villageois munis de tambours qui rabattent un loup pourchassé par leur chien.
Le spectacle est insolite et surprenant dans un paysage grandiose relevé par le bruit assourdissant des tambours.











Puis, nous rejoignons ensuite la petite île de « Pariti » pour visiter un musée de la civilisation « Aymarà ».

Nous sommes émerveillés par ce que nous y voyons : des poteries représentant des animaux (singes, condors, …) ou des têtes de visages humains très réalistes qui sont ornés de détails d’une très grande finesse et d’une très grande précision. Les couleurs des poteries sont restées intactes. Chaque pièce est unique et certaines sont entières !

Toutes ces poteries ont été trouvées en 2005 par une équipe d’archéologues finlandais. Elles étaient toutes enfouies dans un même lieu qui servait de cérémonie sur cette île.
Avant de quitter l’île, nous engageons la conversation avec quelques villageois indigènes.

Puis, nous rejoignons l’île de la lune située près du détroit qui nous permettra de rejoindre par bac la ville de « Copacabana » dans la soirée.

Plus nous approchons du détroit, plus la houle se fait ressentir du fait de la pression exercée par le lac majeur qui se déverse dans le lac mineur par cet étroit goulet de 1 km de large.

Nous empruntons alors une route en corniche qui s’élève à 4200 m d’altitude (400 m au dessus du niveau du lac).


Nous bénéficions de points de vue extraordinaires sur les deux parties du lac et les baies des îles ainsi que sur la « Cordillère Royale » toujours omniprésente dans le paysage.
Les paysages nous rappellent ceux des « cinq terres » dans le sud du golfe de Gênes en Italie.
La route longe la frontière Péruvienne, car 60% du lac « Titikaka » appartient au Pérou.


Nous passons un col à 4250 m, le paysage est torturé par la présence de nombreux volcans. Tous les bords du lac sont habités par des « Communards » des villageois qui vivent en communauté avec leurs propres lois et règles.

Tout au long du parcours qui nous mène vers la ville de « Copacabana », des chiens sont assis sur le bord de la route et attendent qu’on les nourrisse.

Nous arrivons à Copacabana, ville fondée par les derniers Incas sur un plateau au bord du lac, côté est.
Nous découvrons une ville très touristique, réputée pour sa plage donnant sur le lac, mais il est risqué de tenter de se baigner car la température de l’eau ne dépasse jamais les 6°, été comme hiver ! C’est par ailleurs la seule plage publique de Bolivie !

La ville de « Copacabana » est aussi réputée pour son sanctuaire. Tous les jours des centaines de boliviens et Péruviens se rendent devant la cathédrale pour y faire bénir leur voiture et leur famille par le prêtre Jésuite. S’en suivent des rituels indigènes. La religion catholique est omniprésente pour 90 % en Bolivie mais dans chaque lieu sacré les deux types de croyance cohabitent depuis que les espagnols ont christianisé la Bolivie.

Nous décidons de gravir le sommet qui surplombe de 400 m la baie pour admirer le coucher de soleil sur le lac.




Le spectacle est grandiose !!!

samedi 28 juillet 2007

VERS LE LAC TITIKAKA (21-07-2007)

samedi 21 juillet 2007


Potosi restant bloquée par les mineurs et les vols pour Sucre étant complets depuis La Paz, nous décidons de renoncer à la visite de ces deux villes et nous poursuivons notre séjour par le nord en direction du lac « Titikaka ».

Contrairement à la veille, ce matin la ville grouille de monde et de véhicules, c’est l’effervescence habituelle.

Après avoir de nouveau visité les marchés et fait quelques achats ...




... nous quittons La Paz pour rejoindre la cité pré Inca « Tiahuanacu ».

Sur notre route, nous visitons un site protégé : « la vallée de la lune », et
un lieu unique en Bolivie où l’érosion de la terre argileuse s’est faite par les eaux d’infiltration en provenance du lac « Titikaka » situé à 70 km plus au nord.



Nous y admirons des « Demoiselles coiffées » comme sur les bords du lac de Serre-Ponçon en France dont ici la partie supérieure est faite d’une roche plus dure : le granit.

Depuis « la vallée de la lune », nous apercevons les montagnes les plus élevées de cette région et nous devinons la station de ski « Chacaltaya » située à 5600 m d’altitude, c’est la station de ski la plus élevée au monde !




Nous apprenons aussi que les études jusqu’à l’Université sont gratuites dans les établissements qui dépendent de l’Etat, et que les diplômes sont reconnus dans toute l’Amérique Latine ce qui n’est pas le cas des diplômes délivrés par les établissements privés.

Sur notre route, nous nous dirigeons vers le musée de la civilisation « Tiahuanacu » situé sur l’un des plus grands sites archéologiques de cette civilisation.



soubassements de murailles et dans le fond, murs du temple
Cette civilisation est antérieure à celle des Incas (- 700 ans à + 1200 ans après J.C.).
Cette civilisation serait venue de la Polynésie et était très avancée pour cette époque en comparaison de nombreuses autres civilisations connues sur d’autres continents.

La cité que nous visitons est reconnue patrimoine de l’Humanité et est donc sous l’autorité de l’Unesco.



Nous visitons le site avec son musée puis les nombreuses fouilles archéologiques qui ont commencé à mettre à jour plusieurs temples. Cette civilisation disposait déjà d’un système de mesure métrique par 7.




Ces hommes et ces femmes savaient travailler les roches volcaniques et connaissaient déjà la technique de fusion des métaux. Ils étaient aussi de grands architectes, ils connaissaient le fil à plomb et le niveau. Ils étaient constructeurs et artistes. Mais on n’a jamais retrouvé les outils qu’ils utilisaient. Ils étaient aussi guerriers.




Les sculptures mises à jour ont beaucoup de ressemblance avec celles de l’île de Pâques.
Ils savaient aussi sculpter des cadrans solaires basés sur la division temporelle par 60 !
Tous les temples du site sont orientés Est/Ouest, les entrées des temples correspondent à l’alignement du soleil avec le portes au solstice et à l’équinoxe d’hiver.




Sur la route du la « Titikaka » on admire depuis un point de vue panoramique la « Cordillère Royale » qui s’étend sur 360 km depuis le lac jusqu’à la ville de La Paz.
Elle sépare l’Altiplano Bolivien de la partie amazonienne de la Bolivie. De part et d’autre, les monts les plus élevés atteignent les 6000 m !





Nous atteignons le lac « Titikaka » au coucher du soleil dans le village de « Puerto Perez » qui borde le lac situé à 3812 m d’altitude ( c’est le lac navigable le plus haut au monde).


Le spectacle est grandiose sur le lac et ses nombreuses petites îles.

LA PAZ (20-07-2007)

Vendredi 20 juillet 2007


Notre première journée à La Paz est perturbée par une gigantesque manifestation qui réunit près de 2.000.000 de personnes venues de toute la Bolivie pour protester contre le projet du gouvernement Moralès de transférer les pouvoirs politique et parlementaire à Sucre où réside déjà le pouvoir judiciaire.




Les bus de la ville sont solidaires du mouvement
et mettent leurs véhicules à la disposition des manifestants.



Tous les véhicules sont réquisitionnés par le peuple
pour monter les millions de manifestants sur les hauteurs de la ville.


Sucre est la captiale officielle de la Bolivie, mais La Paz est la capitale politique et présidentielle.

Toutes les voies d´accès étant bloquées, nous décidons de passer la journée à visiter le centre ville le matin (complètement déserté puisque tous les commerces sont fermés par solidarité) et décidons de monter sur l´Alto l´après-midi où a lieu la manifestation pour un panorama de la ville.





La Cathédrale


Le Palais Présidentiel


Le Palais Législatif

La PLace Murillo


Durant toute la matinée, les rues de La Paz sont animées par les cortèges de manifestants qui rejoignent l´Alto sur les hauteurs de la ville, par taxi, par camion, par bus, à pied, tous les moyens sont utilisés ...


De notre côté, après avoir découvert le centre historique de la ville nous faisons une pause repas sur la place centrale face au palais présidentiel et au palais Législatif, puis nous prenons un taxi pour rejoindre les hauteurs de La Paz et profiter des magnifiques points de vue sur la ville et les cimes enneigées.





Nous décidons de redescendre à pied jusqu´au centre ville à travers les quartiers pauvres des hauteurs de La Paz.




Ces quartiers sont faits d´empilements anarchiques de maisons en briques, les vêtements séchant sur les murs, les rares terrains plats sont utilisés comme terrains de foot-ball.


Près de 500.000 personnes vivent ainsi dans des conditions précaires, d´insalubrité et de pauvreté extrêmes.