lundi 6 août 2007

SALVADOR ALLENDE ET PABLO NERUDA (01-08-2007)

Mercredi 1er août


Nous décidons de commencer la journée par la visite de la « Villa Grimaldi » qui a servi de centre de déportation et de tortures sous la dictature Pinochet après la mort de Allende





De cette époque tragique il ne reste rien.

Prise de pouvoir par Pinochet le 11 septembre 1973




Salvador Allende lors d'un de ses derniers discours



La police spéciale du dictateur s’était employée à effacer toute trace et toute preuve.






Depuis quelques années, ce lieu est devenu un parc pour la paix et le souvenir. Quand on connaît l’histoire sanglante de cette époque tragique pour le Chili, le lieu fait revivre des images et des odeurs qui dépassent l’imagination.




Salvador Allende et son grand ami Pablo neruda




L’après-midi, nous visitons la maison de Pablo Néruda « Chascona » située dans le quartier de Bella Vista.





C’est dans cette maison chargée d’histoire que Néruda vécut avec Mathilde, sa troisième femme.







L’intérieur de la maison est fait en trois parties. Tout y est chaud et respire le bois comme dans un bateau.




ADIEU A ISLA DE PASCUA (31-07-2007)

Mardi 31 juillet

Nous quittons une île qui n’en a pas fini de livrer tous ses mystères.





Les 4000 habitants vivent selon un système très communautaire tout en incluant les lois nationales chiliennes.






L’île de Pâques représente une Province du Chili à elle seule dont l’activité première est le tourisme avec 28.000 visiteurs par an !






C’est aussi une île tournée vers elle-même qui lutte pour préserver l’authenticité de ses racines et le patrimoine culturel de la civilisation Rapa Nui que les différentes vagues de colonisations de cette partie du monde ont quelque peu épargnée.











Nous regagnons Santiago tard dans la soirée. Santiago, terre d’accueil et de départ, mais aussi d’excursions.

Valparaiso nous attend déjà et l’Aconcagua du haut de ses 7000 m nous ouvre le sentier qui borde la frontière argentine à 5000 m d’altitude.

AHUS ET MOAIS (30-07-2007)

Lundi 30 juillet


Aujourd’hui, le soleil a fait de timides apparitions, les vents de la nuit ont éclairci l’horizon.






Au programme, nous allons découvrir le plus grand cratère de l’île le volcan « Rano Kau »




et les sites de la partie sud-ouest de l’île « Takai Kote Riku »

une caverne « Te Pahu »




l’alignement de Moais à « Ahu Akivi »

enfin la plus grande concentration de pétroglyphes de l’île.



Notre visite débute avec le village « Orongo » situé au sud près du volcan « Rano Kau ».

Ce volcan d’une forme circulaire parfaite (dont il faut 2 jours à pied pour en faire le tour !) d’un diamètre de 1150 mètres, est situé à 326 m au dessus du niveau de la mer.

Le fond du cratère est rempli par un lac de 9 à 14 mètres de profondeur seulement. C’est devenu une réserve botanique exceptionnelle de plantes endémiques de l’île mais de celles introduites par les différentes migrations ethniques et qui ont pu se reproduire ici grâce à un micro climat.

Le fond du cratère est garni de petits lacs envahis par des milliers de plantes dont la plus répandue est le roseau. C’est aussi dans cette réserve que des botanistes ont fait la découverte d’une plante unique au monde le « Rapa Cine » qui sert dans tous les hôpitaux du monde à la fabrication d’un produit pour le traitement des maladies du cœur.

Notre circuit nous amène ensuite à la carrière « Puna Poni » où étaient taillés tous les « Pukau », ces coiffes qui ornaient les têtes des Moais telles que les décrivait Pierre Loti en 1872 : « Leurs coiffures qui étaient des espèces de turbans en une lave différente et d’un rouge sanguine, ont roulé ça et là, aux instants des chutes et l’on dirait de monstrueuses pierres meulières ».





Ensuite, nous allons visiter le site « Ahu Akivi » constitué de 7 Moais qui sont disposés dos à l’île et face à la côte : l’archipel des Marquises qui lui est composé de 7 îles. Chacun des 7 Moais représente un roi.




Nous terminons notre visite des principaux sites de l’île par la découverte d’une grotte en bord de mer dans laquelle on peut encore observer des peintures rupestres représentant des oiseaux peints en rouge.

A LA DECOUVERTE DE L´ILE DE PAQUES (29-07-2007)

Dimanche 29 juillet


La journée débute avec un ciel lourd, sombre et un vent qui n’a cessé de se renforcer tout au long de la nuit.
Les pluies tropicales peuvent être violentes à cette saison.







L’île a été découverte en 1722, un jour de Pâques, par un navigateur hollandais : Jacob Roggeven. Cette île était alors déjà habitée et se nommait : « Rapa Nui » ce qui signifie : « le nombril de la terre ».






Les premières recherches scientifiques datent des années 1950. L’histoire connue de l’île remonterait au 4ème siècle après J.C. Les études montrent que cette île a été peuplée par différentes migrations successives en provenance des archipels de la Polynésie, des Maldives et des archipels australs. Un métissage s’est naturellement formé au fil du temps.






Sur cette île, on recense 247 « Ahus ». Ce sont des plateformes rectangulaires faites de lourds blocs de pierre sur lesquelles sont disposés un ou plusieurs Moais (statues de tuf). Ce sont ces plateformes qui ont permis les différentes datations.






On situe donc la civilisation des Rapa Nui entre le IVème et le XVème siècle après J.C. . Ce sont aussi ces lieux qui servaient à marquer la présence d’une famille. Les dimensions des Ahus et le nombre de Moais indiquaient la puissance et l’importance sociale de la famille.








Le Ahus étaient aussi des lieux sacrés pour des cérémonies qui se tenaient dans un cercle de pierres placé devant l’Ahu.





Ils avaient enfin une fonction de cimetière (différentes fosses communes entouraient les Ahus), seuls les ossements des personnes les plus importantes étaient lavés dans la mer puis séchés au soleil avant d’être enveloppés dans des essences végétales pour être conservés.


Les premiers Moais étaient de petite taille et réalisés dans un art très primitif.





Ils étaient peints en rouge, ocre ou marron et représentaient les membres de la famille. La couleur rouge était utilisée pour les familles les plus importantes socialement.
Leur fonction était de préserver l’image d’un personnage familial à travers une sculpture. Certains Moais étaient munis de deux yeux en corail blanc.


Lorsqu’une famille décidait de se battre pour conquérir le territoire d’une autre famille, elle mettait à terre, la face contre sol, tous les Moais de son Ahu.





En cas de conflit, les familles se réfugiaient dans des grottes naturelles appelées «Ana».





dont certaines parois sont recouvertes de peintures rupestres.









Les corps des Moais étaient surmontés d’une coiffe appelée "Puhau" creusée dans de la roche volcanique rouge plus dure que le tuf.






Sur l’île, le plus petit Moais recensé pèse 25 tonnes et le plus lourd 198 tonnes et mesure 21 mètres de hauteur.







Le Ahu le plus important mesure 243 m de longueur et porte le nom de « Ahu Tongariki ».




Il est composé de 16 Moais dont l’un d’entre eux est recouvert d’un Pukau.



Ils sont tous tournés vers la carrière où les habitants extrayaient le tuf, une pierre plus tendre à travailler.





Dans cette carrière on dénombre 397 Moais à différentes étapes de fabrication. Certains ont perdu leur position verticale en raison de glissements de terrains.


Vers le XVème siècle, il y a concurrence entre toutes les tribus rivales de l’île (à cette époque là, environ 20.000 personnes peuplaient l’île) pour un territoire de 165 km². A l’origine, l’île était très boisée et habitée sur tout le territoire. Le bois ayant servi à transporter les Moais depuis les carrières jusqu’aux Ahus, il ne leur en restait plus pour construire de nouvelles embarcations suffisamment solides pour envisager des voyages lointains vers de nouveaux territoires. De plus, les animaux sauvages de l’île ayant disparu après plusieurs siècles de chasse, les habitants sont devenus alors anthropophages dans leurs guerres tribales pour survivre.


L’île a toujours été un territoire autonome jusqu’en 1888, date de son annexion par le Chili après une période de déportation en esclavage de la plupart des habitants par les Péruviens. La première mission arrivée sur l’île à cette époque n’en dénombre alors que 111 survivants.



En fin d’après-midi, nous faisons une halte sur l’une des plus belles plages de l’île «Anakena».





Cette baie serait le lieu d’accostage du premier roi de l’île qui fuyait une autre île menacée par des secousses sismiques.





C’est ici que fut fondé le premier royaume Rapa Nui.




Cette baie est entourée de 8 Ahus disposés en demi-lune, symbole de la fertilité.




Cette baie était réservée aux seuls personnages les plus importants de l’île.

ISLA DE PASCUA (28-07-2007)

Samedi 28 juillet
Nous nous levons à 5 h 30 pour rejoindre l’aéroport.
Nous décollons à 8 h 30 pour un vol de 5 heures au-dessus du Pacifique pour rejoindre l’île de Pâques située à 4500 km de Santiago.




Le décalage horaire est de 2 heures avec le continent chilien et donc de 8 heures avec la France !



A notre arrivée sur l’île mythique, un dépaysement d’un tout autre type nous attend : les températures (22 degrés), une île très fleurie sous un régime tropical donc très humide.

L'île est jonchée de bombes volcaniques solidifiées réparties sur toute sa surface. Les forêts tropicales natives ont toutes disparu. Il ne reste que de la lande et quelques hectares d'Eucalytus plantés au centre de l'île.



A l’ aéroport, nous sommes accueillis avec le traditionnel collier de fleurs naturelles.


Tout ici rappelle la Polynésie par les coutumes, l’habillement et le physique des habitants, mais cela rappelle aussi les Caraïbes pour sa végétation tropicale, les paysages volcaniques et les maisons en forme de « carbets ».







Les hibiscus sont magnifiques
et les régimes de bananes
s’offrent à nous tandis que
les palmiers se dressent
fièrement au milieu de massifs odorants.














Nous découvrons à pied
la seule ville de l’île « Hanga Roa »
située à l’ouest
et déjà le premier site de « Moais »
appelé : « Tahai Kote Riku » .






Ces Moais sont des statues de cendre volcanique compactée. Ces colosses de tuf tournent le dos à la mer et sont imposants par leurs dimensions mais aussi d’une beauté très sobre lorsqu'ils laissent encore apparaître des ornements sculptés sur leur dos..





Certains semblent avoir traversé les siècles sans vieillir, d’autres ont subi les outrages des pilleurs ou les assauts du temps. L’un d’entre eux (le seul de l’île) a conservé ses deux yeux en nacre blanc et noir.


Nous allons dans le centre ville pour déguster des plats typiques : curanto, brochettes de porcs et poissons et des crevettes cuites dans une sauce succulente.
Après le dîner, nous allons assister à un spectacle de danses et musiques traditionnelles.

Le spectacle mélange les danses d’inspirations guerrière et amoureuse.



Les hommes ont le corps recouvert de peinture.




Les danses s’enchaînent sur un rythme endiablé.

Après le spectacle, nous allons discuter avec certains musiciens sur leur façon pour eux de perpétuer ainsi ces coutumes ancestrales.






A la question : « Vous sentez-vous plus chilien ou plus Rapa Nui ? », la réponse est immédiate et sans ambiguïté : leur terre est ici, leur culture est proche de celles de la Polynésie, le reste est affaire de colonisations, de traités successifs, de prises de pouvoirs sur l’île habitée la plus isolée au monde en plein océan Pacifique à plus de 4500 km des autres archipels ou du continent sud américain.


Après le spectacle, nous profitons de la luminosité déclinante du coucher de soleil pour admirer une dernière fois ces colosses dont la silhouette se découpe sur l'Océan Pacifique.